Le 15 avril dernier, Alger et Pékin ont franchi un nouveau cap dans leur partenariat stratégique. À l’occasion du forum algéro-chinois sur l’investissement, huit accords majeurs ont été signés, couvrant plusieurs secteurs clés : automobile, motocycle, ferroviaire et agriculture. Ces partenariats témoignent d’une volonté claire des deux pays de dynamiser les échanges et de développer des projets concrets sur le sol algérien.

Selon l’ambassadeur de Chine à Alger, Dong Guangli, l’Algérie reste une destination attractive pour les investisseurs chinois. Même si les flux financiers restent encore en deçà du potentiel bilatéral, 42 projets chinois représentant 4,5 milliards de dollars ont été enregistrés par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) depuis 2022.

Un échange commercial en forte progression

En 2024, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Algérie ont atteint 12,5 milliards de dollars. La Chine s’impose comme le premier fournisseur du pays, loin devant la France, l’Italie ou encore la Turquie. Plus de 1.300 entreprises chinoises sont désormais présentes en Algérie, opérant principalement dans l’industrie, les travaux publics et l’énergie.

Des projets industriels structurants : automobile, ferroviaire et électroménager

Parmi les annonces phares, deux usines automobiles vont voir le jour grâce aux marques chinoises Chery (via ses filiales Omoda & Jaecoo et Jetour). L’usine Jetour sera implantée à Batna avec une capacité annuelle de 270.000 véhicules et générera 1.000 emplois.

Dans le secteur ferroviaire, la SNTF et Genertec CNTIC ont signé un accord pour la création d’une usine de fabrication de matériels de transport. Dans l’électroménager, Condor s’est allié à Hisense pour produire climatiseurs et machines à laver en Algérie.

L’agriculture saharienne séduit aussi

Le Sahara algérien attire également les convoitises. Un projet agricole d’envergure a été signé entre le groupe CRCC et Global Agri-Food. Bien que les détails soient encore confidentiels, ce partenariat marque une percée stratégique pour l’agriculture saharienne.

Focus : Le renouveau de l’industrie motocycle en Algérie avec CYCMa et QJ Motor

Parmi les projets les plus attendus du forum figure celui de la relance de l’historique entreprise algérienne CYCMa, basée à Guelma. Acteur emblématique de l’industrie des deux-roues dans les années 1970, CYCMa s’apprête à faire un retour remarqué grâce à un partenariat stratégique avec le constructeur chinois QJ Motor, réputé pour son savoir-faire technologique et sa gamme diversifiée de scooters et motos.

Ce partenariat vise à moderniser les chaînes de production existantes et introduire de nouveaux modèles adaptés au marché local. Une usine conjointe pourrait voir le jour, dédiée à l’assemblage de scooters thermiques et électriques. Ce projet s’inscrit pleinement dans les priorités du gouvernement algérien, qui cherche à réduire les importations et relancer l’industrie mécanique locale.

Selon les premières informations, le partenariat CYCMa – QJ Motor devrait porter sur :

  • Le transfert de technologie pour les moteurs et systèmes électriques ;

  • L’introduction de modèles de scooters adaptés à la mobilité urbaine algérienne ;

  • La formation des techniciens et ingénieurs locaux ;

  • Une montée en gamme progressive avec un taux d’intégration nationale visé de plus de 40 % à moyen terme.

La signature officielle de l’accord est prévue pour le 5 mai prochain. Une étape clé qui pourrait annoncer le grand retour de la production motocycle en Algérie, avec une ambition claire : faire du pays un hub régional de fabrication de scooters pour l’Afrique du Nord.

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