Face à une situation alarmante sur les routes algériennes, où les accidents continuent de causer chaque année des milliers de décès, les autorités ont décidé d’agir de manière résolue. La Loi de Finances Complémentaire 2024-2025 introduit une série de mesures répressives pour lutter contre les comportements dangereux au volant. Objectif : mettre fin à l’impunité et faire respecter les règles élémentaires de sécurité.
Une nouvelle législation pour criminaliser les délits routiers
L’un des changements majeurs apportés par cette réforme est la requalification des excès de vitesse importants en délits pénaux. Toute infraction dépassant de 30 % la limite autorisée sera désormais considérée comme un crime routier. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions :
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Amendes pouvant aller jusqu’à 150 000 DA,
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Peines de prison pouvant atteindre 10 ans en cas de récidive ou de circonstances aggravantes (état d’ivresse, mise en danger d’autrui),
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Retrait immédiat du permis pour les cas les plus graves.
Selon Me Mamine, avocate près la Cour suprême, « il ne s’agit plus d’un simple durcissement de la loi, mais d’un véritable changement de paradigme. L’ère de la criminalisation des délits routiers est désormais en marche ».
Un contrôle accru sur les routes à haut risque
La Délégation nationale à la sécurité routière, en étroite coordination avec les services de police et de gendarmerie, renforce sa présence sur les axes les plus accidentogènes du pays. Plusieurs outils sont déployés :
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Radars mobiles,
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Barrages filtrants,
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Contrôles inopinés,
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Surveillance ciblée des zones à forte sinistralité.
L’objectif affiché est de garantir une application rigoureuse de la loi, et d’instaurer une dissuasion efficace contre les infractions graves.
L’éducation, un pilier essentiel de la sécurité routière
Cependant, les spécialistes de la sécurité routière s’accordent sur un point : la répression seule ne suffira pas. Le changement de comportement des conducteurs, notamment des jeunes, reste un défi majeur.
« Trop souvent, le respect du Code de la route est perçu comme facultatif », expliquent plusieurs experts, qui appellent à repenser entièrement le système de formation à la conduite.
Les propositions vont plus loin :
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Introduction de l’éducation à la citoyenneté routière dès l’école primaire,
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Réforme du contenu pédagogique dans les auto-écoles,
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Campagnes de sensibilisation ciblées et permanentes.
Un engagement international et un objectif ambitieux
Cette dynamique nationale s’inscrit dans le cadre de la Décennie d’action pour la sécurité routière 2021-2030 portée par les Nations unies. L’Algérie s’est engagée à réduire de 50 % le nombre de décès sur les routes d’ici 2030. Un objectif ambitieux qui nécessitera des ressources importantes, mais surtout une volonté politique constante.
Comme le souligne un ancien magistrat spécialisé dans les délits routiers :
« Des lois exemplaires ne servent à rien si elles ne sont pas appliquées ».
Une urgence nationale qui dépasse les statistiques
Au-delà des chiffres, chaque accident est un drame humain. Chaque vie perdue représente une famille brisée. Pour Me Mamine, ce combat pour la sécurité routière n’est pas seulement juridique, mais humain :
« Le changement est plus qu’une nécessité. C’est une urgence nationale ».
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