Face à la nécessité d’accélérer la transition écologique dans le secteur des mobilités, la Corée du Sud envisage une solution innovante : le rétrofit électrique pour scooters et motos thermiques. Le gouvernement sud-coréen a lancé une étude de huit mois pour évaluer la faisabilité technique, économique et environnementale de cette alternative.

Une démarche exploratoire portée par l’État

Selon un porte-parole du ministère sud-coréen de l’Environnement, il ne s’agit pas encore d’un programme officiel, mais bien d’une démarche exploratoire. L’objectif est clair : étudier la pertinence du rétrofit comme solution viable à grande échelle pour électrifier un parc de deux-roues majoritairement thermique.

Les scooters et motos à moteur thermique sont omniprésents en Corée du Sud, en particulier dans le secteur de la livraison urbaine. Pourtant, ces véhicules sont encore largement absents des politiques climatiques, alors même qu’ils représentent une source importante de pollution de l’air et de nuisances sonores. Les autorités notent d’ailleurs une hausse de 79 % des plaintes liées au bruit des deux-roues sur une seule année.

Le rétrofit : une solution intermédiaire prometteuse

Depuis 2018, la Corée du Sud subventionne l’achat de deux-roues électriques. Mais le succès reste limité : en 2023, seulement 8 200 nouvelles immatriculations ont été enregistrées, bien en deçà de l’objectif gouvernemental annuel de 29 000 unités.

Dans ce contexte, le rétrofit pourrait offrir une alternative crédible à l’achat de scooters ou motos électriques neufs. L’étude lancée par le gouvernement vise à quantifier le coût moyen d’une conversion, son impact écologique, et les conditions nécessaires à sa généralisation.

L’exemple de l’Indonésie comme source d’inspiration

Pour avancer, la Corée du Sud s’inspire notamment du modèle indonésien, où un programme national de subventions lancé en 2023 a permis de multiplier par huit le nombre de conversions de deux-roues en quelques mois.

À Jakarta, les autorités locales offrent jusqu’à 10 millions de roupies (environ 520 €) par véhicule converti. Un soutien financier conséquent qui pourrait inspirer Séoul si les résultats de l’étude s’avèrent concluants.

Conclusion

Avec cette initiative, la Corée du Sud se positionne parmi les pays pionniers en matière de rétrofit deux-roues en Asie. Si le projet se concrétise, il pourrait réduire significativement les émissions polluantes, limiter les nuisances sonores, et offrir une solution économique à des milliers de professionnels de la livraison ou usagers urbains.

Un dossier à suivre de près pour tous les acteurs de la mobilité durable !

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